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Voici les articles de presse
dont j’ai fait l’objet.
Suite

Prix de la créativité à Gravigny, Esther Brassac a commencé la broderie et la dentelle aux fuseaux
au mois de janvier 1999.
En moins d'un an elle a multiplié les créations stupéfiantes de délicatesse
et d'originalité.

Pas moins de trois mois de travail sont en général nécessaire par poupée. "C'est
un domaine assez méconnu en France, avoue la jeune femme. Lorsque j'ai commencé,
je ne savais même pas comment cela s'appelait. La poupée d'artiste est très recherchée
aux Etats-
Libre
Jusque-
Texte et photos de Dominique Guibourg
Artzoom est un site d'art et un magazine virtuel réalisé par des artistes québécois et français.
Que vous soyez artiste ou amateur d'art, Artzoom vous est destiné !
"On a qu'une vie, il ne faut pas la gâcher en ne faisant pas ce pourquoi on est fait"
J'ai rencontré Esther sur le web. A la visite de son site, j'ai su ce que le mot
"génie" voulait dire. J'y ai découvert un formidable parcours entremêlé de livres
d'art et de créations aussi diverses qu'incroyables -
HC: Comme vous le dites si bien sur votre site Internet, votre interêt de l'art décoratif s'est révélé à vous assez tôt. On parle de quel âge ? De quelle année ? Au moment où vous découvrez votre passion dans les livres d'art ?
EB: C'est difficile à dire car c'est venu petit à petit. D'abord, vers l'âge de 19
ans en pratiquant la chine dans les brocantes. J'aime énormément les objets et les
meubles anciens alors j'ai voulu en apprendre un peu plus sur les époques et les
styles. Mais ma grande passion s'est beaucoup développée lorsque j'ai commencé un
BTS Tourisme-
HC: Vous vous intéressez ensuite à la dentelle, un art délicat s'il en est, mais
également à la sculpture, la marqueterie, à la broderie... peut-
EB: Quand j'ai commencé la dentelle et la sculpture mes motivations étaient très
modestes : je voulais en faire un loisir en dehors de mes heures de travail de secrétaire.
Peut-
HC: Vous avez fabriqué vos 80 premiers fuseaux à dentelle vous-
EB: Non, je ne pensais certainement pas faire aussi bien qu'elles... et encore moins
que, 9 neuf mois plus tard, je ferais du Binche, une dentelle particulièrement compliquée
(paraît-
HC: Vous avez appris plusieurs sortes de dentelles: celle de Cluny, la dentelle Duchesse,
la Rosaline, l'Honiton, la dentelle de Binche, etc. Vos projets sont variés et votre
connaissance assez complète! Avant d'entreprendre la Valenciennes et la dentelle
flamande, qui sont plus longues à réaliser, aviez-
EB: Quand j'ai constaté que j'arrivais à apprendre seule toutes ces dentelles, mon but a été d'en apprendre encore plus et de créer mes propres modèles. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait en dehors du tout premier napperon en dentelle au Torchon. Je voulais aussi utiliser les fils les plus fins : j'ai commencé à utiliser le coton égyptien n° 170 (le plus fin, donc) en mai 2000 pour la Duchesse. Je voulais devenir une bonne dentellière : c'était mon objectif principal.
HC: Vous passez de quelque chose de très fin vers quelque chose de plus rustre, si
je puis dire: la sculpture sur os de fémur !!! Puis vint la marqueterie. Qu'est-
EB: A vrai dire, j'ai commencé la sculpture très peu de temps après avoir terminé mes premiers fuseaux, donc en même temps que la dentelle. Je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de tout faire, tout essayer, comme une sorte de boulimie d'apprendre. Je ne m'explique pas trop comment j'ai pu avoir le désir de me lancer dans de nouvelles techniques alors que je n'avais pas encore expérimenté la dentelle. Je crois que je ne suis pas quelqu'un qui peut être passionné par une unique technique. Si je devais en pratiquer une seule, je pense que je me lasserais et m'ennuierais rapidement.
HC: Vous avez travaillé le chêne, le tilleul, le hêtre... vous réalisez même votre
toute première poupée pandore, puis suit la sculpture sur ivoire et vous continuez
avec votre première poupée que vous appellez la "pandore mignardise renaissance no
1" qui est fort jolie, soit dit en passant... tout cela se passe dans les années
1999 à 2002 -
EB: Oui, bien sûr, je continue la dentelle. D'ailleurs la pandore mignardise renaissance dont vous parlez comporte de la dentelle: les poignets et la fraise sont en Reticella aux fuseaux. La Pandore Louis XVI a plusieurs pièces de dentelle en Valenciennes et ma pandore 1850 a de petits poignets en Bayeux. Quand j'ai un peu de temps libre, je continue à travailler à un modèle ancien de dentelle de Binche. D'autre part, je travaille aussi à un petit ouvrage en dentelle à l'aiguille. Je prépare d'ailleurs des pages sur cette belle technique et sur son histoire: je ne sais pas quand je pourrai les mettre sur mon site, j'ai tant de choses à faire! Quant aux expositions, non, je n'en ai pas fait en dehors de celle de 1999. Cela demande un investissement en temps et aussi en argent que je ne peux pas me permettre. Mes créations sont si longues à réaliser (en moyenne 3 mois pleins) que je préfère me consacrer à elles pour le moment. Quant à participer à des salons d'antiquité, j'y ai bien pensé aussi, mais il semble que la législation française interdise d'y exposer autre chose que des objets anciens.
HC: La marqueterie est abordée en 2000. Vous utilisez la technique Boulle. Quels sont vos projets pour le futur en ce qui concerne l'art de la marqueterie ?
EB: J'ai très envie d'utiliser des matériaux tels que le laiton, l'écaille de tortue synthétique, la nacre, etc... Je souhaite aussi me mettre à la technique élément par élément qui permet de créer des scènes et des paysages...
HC: En 2000, après 250 heures de travail, vous finissez enfin votre bouquet brodé
dont les fleurs sont en relief, c'est la dentelle d'art... à quoi pensez-
EB: Ma foi, j'ai pensé que j'avais vu un peu grand, que ce travail allait être plus long que prévu. Mes craintes principales étaient de ne pas réussir à donner un bel effet de relief. C'était la première fois que je faisais cela et, à cette époque, je n'avais aucun livre sur cette technique. Ce n'est que fin 2002 que j'ai découvert un livre anglais sur ce type de broderie. Bien sûr, j'ai toujours peur de ne pas être à la hauteur... c'est un sentiment qui me suit pour chacune de mes créations. Je me remets en question constamment et pour tout! Je suis angoissée et jamais réellement satisfaite de mon travail : quand, par miracle, cela arrive, cela ne dure jamais bien longtemps! Les périodes de doute sont plus nombreuses que celles de satisfaction mais j'adore ce que je fais. Ce qui est certain, c'est qu'il est plus difficile de travailler sur une création qui demande tant de travail : rester 3, voire même 4 mois, tous les jours sur le même objet provoque un certain stress. Cependant, j'aime que ce soit long, délicat... un objet qui nécessiterait seulement une semaine ou 15 jours de travail ne m'intéresserait pas autant.
HC: La couture. La seule discipline que vous ayez vraiment appris d'une manière purement
académique ! Nous sommes loin de la sculpture, là ! A moins que ce soit une forme
de sculpture ? Qu'en pensez-
EB: Oui, je pense que vous avez raison, il s'agit d'une certaine façon de sculpture en tissu parce que je ne fais pas de vêtements, je place et je couds chaque élément au fur et à mesure, directement sur la sculpture. Pour l'instant, je n'ai fait que du costume historique, par conséquent je respectais les proportions vestimentaires de chaque époque, ce qui laisse peu de place à l'imagination et à la possibilité de "sculpter" réellement les étoffes. Mais maintenant que je vais commencer à aborder des thèmes symboliques, je compte bien me libérer de toutes contraintes, petit à petit, et travailler selon mon inspiration.
HC: Habituellement, nous posons que 10 questions en entrevue, mais je sens qu'on
a à peine effleuré une partie de votre incroyable polyvalence et talent. Je vais
donc continuer cette entrevue encore avec quelques questions... vous faites également
de la peinture décorative sur bois puis d'autres techniques sont venues s'ajouter:
métal repoussé, dorure à la feuille, papier mâché. Maintenant vous souhaitez apprendre
la gravure sur verre, la tapisserie de haute lice, la technique des icônes, etc...
Esther, y aura-
EB: Non, je peux vous affirmer une chose, c'est qu'il n'y a aucune fin à mon désir
d'apprendre de nouvelles techniques, d'utiliser d'autres matériaux. Je ne sais pas
pourquoi, mais tout semble m'attirer. Parfois, une technique ne m'intéresse pas vraiment,
et puis, quelques temps plus tard, après y avoir réfléchi, je m'aperçois que finalement
elle me passionne et je la rajoute à ma liste de projets. Pour l'instant, j'ai décidé
de rester sur mes acquis parce que je ne veux pas me disperser. Je viens de commencer
une nouvelle création, "Flore", qui me demande de nouveaux efforts techniques et
ce sera le cas pour chacune des prochaines sculptures. Aborder une nouvelle technique
est toujours un grand stress pour moi (j'ai tellement peur de ne pas être à la hauteur!),
alors je ne veux pas augmenter la pression inconsidérément. Pour un artiste totalement
autodidacte, il y a une remise en question constante. J'ai tellement de projets variés
dont je n'ai encore jamais parlé ! J'ai de quoi occuper les 100 prochaines années
de ma vie ;-
HC: Votre nom figure maintenant dans le fameux dictionnaire "Drouot cotation des
artistes modernes et contemporains, de 1870 à nos jours" en qualité de sculpteur.
En retirez-
EB: Je suis très heureuse et très surprise d'avoir été admise dans ce dictionnaire. Pour la fierté, eh bien cela dépend de la façon dont vous le comprenez : je n'en retire aucun orgueil mais c'est une grande source de satisfaction et c'est tellement encourageant pour moi! Cela m'a motivé énormément. La catégorie "Sculpture" dans laquelle je suis me convient parfaitement : c'est la technique essentielle à la réalisation de mes créations ; je pourrais me passer de marqueterie, ou de dentelle (même si je n'envisage pas une telle éventualité !), alors que la sculpture est indispensable.
HC: Dans "Doll magazine", numéro de septembre 2002, vous faites une double page avec
vos poupées. C'est un maigre hommage quand on songe à tout ce que vous avez fait,
non ? Auriez-
EB: Vous trouvez que c'est un maigre hommage ? C'est très gentil à vous de dire cela ! Mais moi, je n'en revenais pas de voir que j'avais eu 2 pages ! Je m'attendais à un article plus modeste et j'en aurais été très heureuse. Vous savez, je suis plutôt réservée et je ne m'attends jamais à ce que l'on tombe en admiration devant mon travail. Alors, dire que j'aurais souhaité avoir plus de publicité, non vraiment pas ! C'est déjà formidable !
HC: Vous êtes à la recherche d'un agent d'artiste ou d'un agent commercial pour vendre
et promouvoir vos créations. L'avez-
EB: J'ai cherché pendant plusieurs mois un agent commercial mais je crois qu'ils sont assez rares dans le domaine des arts. Maintenant, je cherche un agent artistique. J'ai placé mon annonce de recherche d'agent artistique sur mon site il y a très peu de temps. Je ne sais pas si elle aboutira car il semble qu'ils soient peu nombreux et difficiles à trouver dans le domaine des arts plastiques. J'ai téléphoné à de nombreux organismes, sans succès. J'ai fait des recherches sur internet et j'avais découvert une agence mais malheureusement, elle ne prend plus personne pour le moment. Je crains que cette annonce ne reste bien longtemps sur mon site, en fait j'ai lancé une bouteille à la mer ! Pourtant, je pense que ce serait le meilleur moyen pour moi de vendre mes créations. Je n'ai pas vraiment envie d'aller déranger des galeristes pour leur présenter un travail qui ne correspondra pas forcément au genre artistique qu'ils pratiquent. Là aussi, j'ai fait de nombreuses recherches sur internet, sans résultat concluant.
HC: Vous êtes présentement en france (27), avez-
EB: Oui, j'ai eu plusieurs propositions d'expositions à l'étranger : à Miami dans
une galerie d'art, et dans des salons en Suisse et en Belgique. Je n'ai pas donné
suite car c'est un investissement financier important et, d'autre part, mes créations
sont plus difficiles à transporter que des toiles, par exemple, cela nécessiterait
toute une organisation dans laquelle je n'ai pas envie de me lancer : d'où l'intérêt
d'avoir un agent artistique qui pourrait prendre tout en charge car je dois reconnaître
que dans ces domaines là, je ne suis vraiment pas douée (hélàs !) ;-
HC: Comment entrevoyez-
EB: Pour l'instant, je n'ai pas encore vendu... je n'ai d'ailleurs pas vraiment fait le nécessaire pour cela, en dehors des recherches infructueuses dont je viens de parler. Je sais que, quoi qu'il arrive, je vais persévérer, que je vais m'accrocher à mon rêve car je n'envisage pas un seul instant de faire autre chose de ma vie. Les encouragements sont continuels, je vais donc travailler, encore et encore... J'envisage donc l'avenir avec confiance !
HC: Vous nous avez dit que vous aviez déjà occupé un poste de secrétaire et, qu'en
dehors de vos heures de travail, vos loisirs étaient alors la dentelle et la sculpture.
On parlait alors des années 90. En mars 2003, êtes-
EB: Non, dans les années 90, j'étais étudiante. C'est seulement à l'extrême fin d'octobre
98 que j'ai fabriqué mes premiers fuseaux et le 1er janvier 99 que j'ai commencé
le napperon Torchon dont vous avez la photo. D'ailleurs, celle-
HC: Vous pouvez travailler trois mois pleins (en moyenne -
EB: Il est vrai qu'il est difficile de donner une valeur à une création. C'est toujours très délicat. La fourchette de prix indiquée sur Drouot Cotation est de 1500 à 4500 Euros.
HC: Je reviens sur une phrase que vous avez dite en entrevue: "je pourrais me passer
de marqueterie, ou de dentelle (même si je n'envisage pas une telle éventualité !),
alors que la sculpture est indispensable" -
EB: Je ne sais pas du tout quoi vous répondre ! Elle est certainement dans l'avenir. Mais je crois que je n'aurais jamais de "grande réussite" car lorsque j'aurais atteint un objectif, j'en aurais un suivant, puis encore un autre et ainsi de suite. On peut toujours faire mieux !
HC: Avez-
EB: Oh non, un nouveau genre de dentelle ne se crée pas si facilement que cela :
inventer un modèle à partir d'une dentelle existante, avec des points existants,
c'est une chose, mais imaginer de nouveaux points et les allier pour en faire une
dentelle originale, cela en est une autre ! Il faudrait que je me consacre uniquement
à cette discipline et que je sois particulièrement créative pour parvenir à inventer
une nouvelle sorte de dentelle : il en existe déjà tellement. Je ne pense pas être
cette personne-
HC: En terminant ce supplément de questions à la lueur de vos 15 premières réponses,
j'aimerais vous demander ce que vous diriez à un jeune qui débute dans les arts et
qui se préoccupe de savoir s'il gagnera bien sa vie en tant qu'artiste. Quel conseil,
lui donneriez-
EB: Il me semble que je ne peux donner aucune indication à un artiste débutant en ce qui concerne l'aspect lucratif ou non d'une activité artistique: je n'ai pas encore vendu ! Par contre, j'encouragerais les personnes qui ont un rêve, quel qu'il soit d'ailleurs, pas seulement dans le domaine des arts: on a qu'une vie, il ne faut pas la gâcher en ne faisant pas ce pourquoi on est fait.