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Art Création Décoration - Esther Brassac - 15 rue du boulay - 27930 Emalleville - France - Contact - © tous droits réservés

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Paris Normandie (novembre 1999) :

palette gravignaise, du classique au baroque

Paris Normandie  -  Version femina  (décembre 2002 ) :
Les belles poupées d'artiste d'Esther Brassac

... Enfin le prix de la créativité à été décerné à Esther Brassac pour ses broderies et dentelles aux fuseaux, distinction qui vient à point nommé récompenser le travail phénoménal réalisé depuis moins d'un an par cette toute jeune artiste, autodidacte de surcroît.

Paris Normandie (novembre 1999) : palette gravignaise, du classique au baroque

Prix de la créativité à Gravigny, Esther Brassac a commencé la broderie et la dentelle aux fuseaux

au mois de janvier 1999. 

 

En moins d'un an elle a multiplié les créations stupéfiantes de délicatesse

et d'originalité.

Les belles poupées d'artiste d'Esther Brassac

A un âge où l'on a fini de jouer à la poupée depuis longtemps, Esther Brassac, près d'Evreux, confectionne avec passion des poupées d'artiste uniques et magiques.

 

Dentelles au fuseau pour les manches ou les coiffes, sculpture sur buis pour les visages et les mains, couture ou broderie d'art pour les robes, marqueterie ou peinture pour les socles... Esther Brassac a appris toute seule, dans les livres, la maîtrise de toutes ces techniques artistiques. Après avoir cherché sa voie pendant quelques années, elle a enfin trouvé la discipline artistique qui lui convenait : la création de poupées d'artiste.

 

Autoditacte

Esther a alors choisi d'abandonner son travail de secrétaire de direction pour se consacrer entièrement à la création de poupées. Cette jeune autodidacte passionnée - et patiente ! - a transformé le premier étage de la maison familiale d'Emalleville, près d'Evreux, en vaste atelier où elle conçoit, pas à pas, les différentes pièces composant chacune de ses créations.

 

Pas moins de trois mois de travail sont en général nécessaire par poupée. "C'est un domaine assez méconnu en France, avoue la jeune femme. Lorsque j'ai commencé, je ne savais même pas comment cela s'appelait.

La poupée d'artiste est très recherchée aux Etats-Unis. Certains collectionneurs en possèdent plusieurs. D'autres, choisissent d'en acheter une seule parce qu'elle correspond à un thème qui les intéresse : les contes, les poupées ethniques, les enfants, une personnalité, le Père Noël..."

 

Libre

Jusque-là, Esther n'a pas cherché à vendre ni à exposer ses poupées. Mais aujourd'hui, elle met la touche finale à sa cinquième création et envisage de chercher une galerie pour exposer ses poupées. "Je travaillais sur le thème des costumes historiques mais j'ai d'autres idées, je voudrais maintenant aborder d'autres sujets, comme Flore, le printemps, etc... Cependant, ce seront toujours des créations pures, selon mon inspiration... Pas de commande. Je veux rester libre".

 

Texte et photos de Dominique Guibourg

Interview d'Artzoom : Entrevue avec Esther Brassac Mars 2003 par HélèneCaroline Fournier

Artzoom est un site d'art et un magazine virtuel réalisé par des artistes québécois et français.

 

Que vous soyez artiste ou amateur d'art, Artzoom vous est destiné !

"On a qu'une vie, il ne faut pas la gâcher en ne faisant pas ce pourquoi on est fait"

 

J'ai rencontré Esther sur le web. A la visite de son site, j'ai su ce que le mot "génie" voulait dire. J'y ai découvert un formidable parcours entremêlé de livres d'art et de créations aussi diverses qu'incroyables - qui aurait pu s'imaginer qu'une dentellière pouvait également sculpter le bois ? N'est-ce pas là un cliché qu'il faudrait à présent chasser de nos esprits!? Moi qui croyais que nous pouvions performer que dans un seul domaine artistique (ou deux, à la limite)... j'ai dû revoir tous mes concepts sur le sujet après avoir vu ce que dix petits doigts pouvaient faire de si grandiose! Esther Brassac, cette jeune artiste d'une trentaine d'années, est l'une des plus fascinantes artistes-artisanes qui m'a été donné de rencontrer sur le web - donc, sans plus tarder, je vous offre cette entrevue de 15 questions dans l'espoir que vous y découvriez, vous aussi, une source d'inspiration.

 

HC: Comme vous le dites si bien sur votre site Internet, votre interêt de l'art décoratif s'est révélé à vous assez tôt. On parle de quel âge ? De quelle année ? Au moment où vous découvrez votre passion dans les livres d'art ?

 

EB: C'est difficile à dire car c'est venu petit à petit. D'abord, vers l'âge de 19 ans en pratiquant la chine dans les brocantes. J'aime énormément les objets et les meubles anciens alors j'ai voulu en apprendre un peu plus sur les époques et les styles. Mais ma grande passion s'est beaucoup développée lorsque j'ai commencé un BTS Tourisme-Loisirs en 1991 (j'avais 22 ans) : il y avait un cours d'histoire de l'art et un cours d'histoire des civilisations... j'adorais ça ! C'est en effet plus à cette époque que j'ai découvert ma passion pour les livres d'art, parce que j'ai commencé à en acheter plein.

 

HC: Vous vous intéressez ensuite à la dentelle, un art délicat s'il en est, mais également à la sculpture, la marqueterie, à la broderie... peut-on dire qu'à cette époque, vous vous cherchiez en tant qu'artiste-artisane?

 

EB: Quand j'ai commencé la dentelle et la sculpture mes motivations étaient très modestes : je voulais en faire un loisir en dehors de mes heures de travail de secrétaire. Peut-être faire une petite exposition de temps à autre, mais sans plus. Je ne me souviens pas du moment où j'ai envisagé d'en faire une véritable profession. En tous cas, je me considèrais comme une artisane (et encore !), mais certainement pas comme une artiste !

 

HC: Vous avez fabriqué vos 80 premiers fuseaux à dentelle vous-même. Pensiez-vous à ce moment-là que votre travail ressemblerait un jour aux dentellières qui vous avaient tant impressionnée lors de cette fameuse "porte ouverte" quand vous vous étiez dit pour la première fois qu'il vous fallait devenir vous aussi dentellière comme ces femmes ? Pensiez-vous devenir aussi douée qu'elles un jour ?

 

EB: Non, je ne pensais certainement pas faire aussi bien qu'elles... et encore moins que, 9 neuf mois plus tard, je ferais du Binche, une dentelle particulièrement compliquée (paraît-il), que je n'aurais d'ailleurs pas pu apprendre si j'avais suivi des cours dans ce club car ce genre de dentelle n'y était pas abordée.

 

HC: Vous avez appris plusieurs sortes de dentelles: celle de Cluny, la dentelle Duchesse, la Rosaline, l'Honiton, la dentelle de Binche, etc. Vos projets sont variés et votre connaissance assez complète! Avant d'entreprendre la Valenciennes et la dentelle flamande, qui sont plus longues à réaliser, aviez-vous un but précis en tête ?

 

EB: Quand j'ai constaté que j'arrivais à apprendre seule toutes ces dentelles, mon but a été d'en apprendre encore plus et de créer mes propres modèles. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait en dehors du tout premier napperon en dentelle au Torchon. Je voulais aussi utiliser les fils les plus fins : j'ai commencé à utiliser le coton égyptien n° 170 (le plus fin, donc) en mai 2000 pour la Duchesse. Je voulais devenir une bonne dentellière : c'était mon objectif principal.

 

HC: Vous passez de quelque chose de très fin vers quelque chose de plus rustre, si je puis dire: la sculpture sur os de fémur !!! Puis vint la marqueterie. Qu'est-ce qui vous a fait passer de l'un à l'autre ainsi?

 

EB: A vrai dire, j'ai commencé la sculpture très peu de temps après avoir terminé mes premiers fuseaux, donc en même temps que la dentelle. Je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de tout faire, tout essayer, comme une sorte de boulimie d'apprendre. Je ne m'explique pas trop comment j'ai pu avoir le désir de me lancer dans de nouvelles techniques alors que je n'avais pas encore expérimenté la dentelle. Je crois que je ne suis pas quelqu'un qui peut être passionné par une unique technique. Si je devais en pratiquer une seule, je pense que je me lasserais et m'ennuierais rapidement.

 

HC: Vous avez travaillé le chêne, le tilleul, le hêtre... vous réalisez même votre toute première poupée pandore, puis suit la sculpture sur ivoire et vous continuez avec votre première poupée que vous appellez la "pandore mignardise renaissance no 1" qui est fort jolie, soit dit en passant... tout cela se passe dans les années 1999 à 2002 - continuez-vous la dentelle pendant ce temps-là ? Est-ce que vous avez un travail ? Participez-vous à des expositions ? A des brocantes ?

 

EB: Oui, bien sûr, je continue la dentelle. D'ailleurs la pandore mignardise renaissance dont vous parlez comporte de la dentelle: les poignets et la fraise sont en Reticella aux fuseaux. La Pandore Louis XVI a plusieurs pièces de dentelle en Valenciennes et ma pandore 1850 a de petits poignets en Bayeux. Quand j'ai un peu de temps libre, je continue à travailler à un modèle ancien de dentelle de Binche. D'autre part, je travaille aussi à un petit ouvrage en dentelle à l'aiguille. Je prépare d'ailleurs des pages sur cette belle technique et sur son histoire: je ne sais pas quand je pourrai les mettre sur mon site, j'ai tant de choses à faire! Quant aux expositions, non, je n'en ai pas fait en dehors de celle de 1999. Cela demande un investissement en temps et aussi en argent que je ne peux pas me permettre. Mes créations sont si longues à réaliser (en moyenne 3 mois pleins) que je préfère me consacrer à elles pour le moment. Quant à participer à des salons d'antiquité, j'y ai bien pensé aussi, mais il semble que la législation française interdise d'y exposer autre chose que des objets anciens.

 

HC: La marqueterie est abordée en 2000. Vous utilisez la technique Boulle. Quels sont vos projets pour le futur en ce qui concerne l'art de la marqueterie ?

 

EB: J'ai très envie d'utiliser des matériaux tels que le laiton, l'écaille de tortue synthétique, la nacre, etc... Je souhaite aussi me mettre à la technique élément par élément qui permet de créer des scènes et des paysages...

 

HC: En 2000, après 250 heures de travail, vous finissez enfin votre bouquet brodé dont les fleurs sont en relief, c'est la dentelle d'art... à quoi pensez-vous lorsque vous brodez? Avez-vous peur de rater votre création? Quelles sont vos craintes? Quel est votre état d'âme pendant ces 250 heures? Craignez-vous parfois de ne pas être à la hauteur? Passe-t-on par des périodes de découragement ?

 

EB: Ma foi, j'ai pensé que j'avais vu un peu grand, que ce travail allait être plus long que prévu. Mes craintes principales étaient de ne pas réussir à donner un bel effet de relief. C'était la première fois que je faisais cela et, à cette époque, je n'avais aucun livre sur cette technique. Ce n'est que fin 2002 que j'ai découvert un livre anglais sur ce type de broderie. Bien sûr, j'ai toujours peur de ne pas être à la hauteur... c'est un sentiment qui me suit pour chacune de mes créations. Je me remets en question constamment et pour tout! Je suis angoissée et jamais réellement satisfaite de mon travail : quand, par miracle, cela arrive, cela ne dure jamais bien longtemps! Les périodes de doute sont plus nombreuses que celles de satisfaction mais j'adore ce que je fais. Ce qui est certain, c'est qu'il est plus difficile de travailler sur une création qui demande tant de travail : rester 3, voire même 4 mois, tous les jours sur le même objet provoque un certain stress. Cependant, j'aime que ce soit long, délicat... un objet qui nécessiterait seulement une semaine ou 15 jours de travail ne m'intéresserait pas autant.

 

HC: La couture. La seule discipline que vous ayez vraiment appris d'une manière purement académique ! Nous sommes loin de la sculpture, là ! A moins que ce soit une forme de sculpture ? Qu'en pensez-vous ? Comme vous le mentionnez sur votre site, la couture flou est la technique utilisée en haute couture car la plus grande partie du travail se fait a la main... peut-on parler d'une forme de sculpture à votre avis ?

 

EB: Oui, je pense que vous avez raison, il s'agit d'une certaine façon de sculpture en tissu parce que je ne fais pas de vêtements, je place et je couds chaque élément au fur et à mesure, directement sur la sculpture. Pour l'instant, je n'ai fait que du costume historique, par conséquent je respectais les proportions vestimentaires de chaque époque, ce qui laisse peu de place à l'imagination et à la possibilité de "sculpter" réellement les étoffes. Mais maintenant que je vais commencer à aborder des thèmes symboliques, je compte bien me libérer de toutes contraintes, petit à petit, et travailler selon mon inspiration.

 

HC: Habituellement, nous posons que 10 questions en entrevue, mais je sens qu'on a à peine effleuré une partie de votre incroyable polyvalence et talent. Je vais donc continuer cette entrevue encore avec quelques questions... vous faites également de la peinture décorative sur bois puis d'autres techniques sont venues s'ajouter: métal repoussé, dorure à la feuille, papier mâché. Maintenant vous souhaitez apprendre la gravure sur verre, la tapisserie de haute lice, la technique des icônes, etc... Esther, y aura-t-il un jour une fin selon vous ?

 

EB: Non, je peux vous affirmer une chose, c'est qu'il n'y a aucune fin à mon désir d'apprendre de nouvelles techniques, d'utiliser d'autres matériaux. Je ne sais pas pourquoi, mais tout semble m'attirer. Parfois, une technique ne m'intéresse pas vraiment, et puis, quelques temps plus tard, après y avoir réfléchi, je m'aperçois que finalement elle me passionne et je la rajoute à ma liste de projets. Pour l'instant, j'ai décidé de rester sur mes acquis parce que je ne veux pas me disperser. Je viens de commencer une nouvelle création, "Flore", qui me demande de nouveaux efforts techniques et ce sera le cas pour chacune des prochaines sculptures. Aborder une nouvelle technique est toujours un grand stress pour moi (j'ai tellement peur de ne pas être à la hauteur!), alors je ne veux pas augmenter la pression inconsidérément. Pour un artiste totalement autodidacte, il y a une remise en question constante. J'ai tellement de projets variés dont je n'ai encore jamais parlé ! J'ai de quoi occuper les 100 prochaines années de ma vie ;-)

 

HC: Votre nom figure maintenant dans le fameux dictionnaire "Drouot cotation des artistes modernes et contemporains, de 1870 à nos jours" en qualité de sculpteur. En retirez-vous une certaine fierté ? Auriez-vous préféré figurer dans un autre domaine ? si oui, lequel ?

 

EB: Je suis très heureuse et très surprise d'avoir été admise dans ce dictionnaire. Pour la fierté, eh bien cela dépend de la façon dont vous le comprenez : je n'en retire aucun orgueil mais c'est une grande source de satisfaction et c'est tellement encourageant pour moi! Cela m'a motivé énormément. La catégorie "Sculpture" dans laquelle je suis me convient parfaitement : c'est la technique essentielle à la réalisation de mes créations ; je pourrais me passer de marqueterie, ou de dentelle (même si je n'envisage pas une telle éventualité !), alors que la sculpture est indispensable.

 

HC: Dans "Doll magazine", numéro de septembre 2002, vous faites une double page avec vos poupées. C'est un maigre hommage quand on songe à tout ce que vous avez fait, non ? Auriez-vous souhaité avoir plus de publicité ?

 

EB: Vous trouvez que c'est un maigre hommage ? C'est très gentil à vous de dire cela ! Mais moi, je n'en revenais pas de voir que j'avais eu 2 pages ! Je m'attendais à un article plus modeste et j'en aurais été très heureuse. Vous savez, je suis plutôt réservée et je ne m'attends jamais à ce que l'on tombe en admiration devant mon travail. Alors, dire que j'aurais souhaité avoir plus de publicité, non vraiment pas ! C'est déjà formidable !

 

HC: Vous êtes à la recherche d'un agent d'artiste ou d'un agent commercial pour vendre et promouvoir vos créations. L'avez-vous trouvé ou si c'est toujours d'actualité ?

 

EB: J'ai cherché pendant plusieurs mois un agent commercial mais je crois qu'ils sont assez rares dans le domaine des arts. Maintenant, je cherche un agent artistique. J'ai placé mon annonce de recherche d'agent artistique sur mon site il y a très peu de temps. Je ne sais pas si elle aboutira car il semble qu'ils soient peu nombreux et difficiles à trouver dans le domaine des arts plastiques. J'ai téléphoné à de nombreux organismes, sans succès. J'ai fait des recherches sur internet et j'avais découvert une agence mais malheureusement, elle ne prend plus personne pour le moment. Je crains que cette annonce ne reste bien longtemps sur mon site, en fait j'ai lancé une bouteille à la mer ! Pourtant, je pense que ce serait le meilleur moyen pour moi de vendre mes créations. Je n'ai pas vraiment envie d'aller déranger des galeristes pour leur présenter un travail qui ne correspondra pas forcément au genre artistique qu'ils pratiquent. Là aussi, j'ai fait de nombreuses recherches sur internet, sans résultat concluant.

 

HC: Vous êtes présentement en france (27), avez-vous déjà été approchée pour exposer ailleurs que sur le territoire francais ? Seriez-vous intéressée à exposer sur le territoire nord-américain si l'occasion se présentait ?

 

EB: Oui, j'ai eu plusieurs propositions d'expositions à l'étranger : à Miami dans une galerie d'art, et dans des salons en Suisse et en Belgique. Je n'ai pas donné suite car c'est un investissement financier important et, d'autre part, mes créations sont plus difficiles à transporter que des toiles, par exemple, cela nécessiterait toute une organisation dans laquelle je n'ai pas envie de me lancer : d'où l'intérêt d'avoir un agent artistique qui pourrait prendre tout en charge car je dois reconnaître que dans ces domaines là, je ne suis vraiment pas douée (hélàs !) ;-(

 

HC: Comment entrevoyez-vous l'avenir ?

 

EB: Pour l'instant, je n'ai pas encore vendu... je n'ai d'ailleurs pas vraiment fait le nécessaire pour cela, en dehors des recherches infructueuses dont je viens de parler. Je sais que, quoi qu'il arrive, je vais persévérer, que je vais m'accrocher à mon rêve car je n'envisage pas un seul instant de faire autre chose de ma vie. Les encouragements sont continuels, je vais donc travailler, encore et encore... J'envisage donc l'avenir avec confiance !

 

HC: Vous nous avez dit que vous aviez déjà occupé un poste de secrétaire et, qu'en dehors de vos heures de travail, vos loisirs étaient alors la dentelle et la sculpture. On parlait alors des années 90. En mars 2003, êtes-vous toujours secrétaire ? Ou si vous vous êtes lancée corps et âme en art ? Ou faites un autre métier à côté pour assurer votre survie ? Croyez-vous qu'un jour il faudra revenir au mécénat pour assurer l'avenir (ou, du moins, les débuts) des jeunes artistes ? Quel est votre avis ?

 

EB: Non, dans les années 90, j'étais étudiante. C'est seulement à l'extrême fin d'octobre 98 que j'ai fabriqué mes premiers fuseaux et le 1er janvier 99 que j'ai commencé le napperon Torchon dont vous avez la photo. D'ailleurs, celle-ci ne présente que le centre de cet ouvrage, mon scanner étant trop petit pour prendre la totalité de ce travail. J'ai abandonné ma place de secrétaire vers la fin 99. En ce qui concerne le mécénat, il semble toujours aussi vivace si j'en crois les nombreuses entreprises qui proposent ce service. Je pense que c'est une très bonne chose et que cela peut apporter beaucoup aux artistes, qu'ils soient débutants ou confirmés.

 

HC: Vous pouvez travailler trois mois pleins (en moyenne - parfois 4 !) sur une seule oeuvre. Combien vendez-vous cette oeuvre ? Cela doit être difficile de chiffrer la valeur d'une dentelle, d'une poupée, d'une sculpture, etc. Est-ce difficile pour vous d'apposer une valeur marchande à votre travail ? Qui détermine le prix de vente ? vous ? vos proches?

 

EB: Il est vrai qu'il est difficile de donner une valeur à une création. C'est toujours très délicat. La fourchette de prix indiquée sur Drouot Cotation est de 1500 à 4500 Euros.

 

HC: Je reviens sur une phrase que vous avez dite en entrevue: "je pourrais me passer de marqueterie, ou de dentelle (même si je n'envisage pas une telle éventualité !), alors que la sculpture est indispensable" - selon vous, Esther, en toute franchise, quelle serait votre plus grande réussite à vos yeux au niveau sculptural ? Est-elle déjà réalisée ou est-elle à venir?

 

EB: Je ne sais pas du tout quoi vous répondre ! Elle est certainement dans l'avenir. Mais je crois que je n'aurais jamais de "grande réussite" car lorsque j'aurais atteint un objectif, j'en aurais un suivant, puis encore un autre et ainsi de suite. On peut toujours faire mieux !

 

HC: Avez-vous l'intention d'écrire un jour un livre sur une nouvelle technique de dentelle... la dentelle Brassac, par exemple? Est-ce que vous souhaiteriez écrire un livre pour ensengier l'une ou l'autre des disciplines artistiques-artisanes que vous pratiquez en ce moment? "comment concevoir des poupées Pandore selon Esther", par exemple? C'est quelque chose qui vous plairait? Est-ce quelque chose à laquelle vous avez déjà songé?

 

EB: Oh non, un nouveau genre de dentelle ne se crée pas si facilement que cela : inventer un modèle à partir d'une dentelle existante, avec des points existants, c'est une chose, mais imaginer de nouveaux points et les allier pour en faire une dentelle originale, cela en est une autre ! Il faudrait que je me consacre uniquement à cette discipline et que je sois particulièrement créative pour parvenir à inventer une nouvelle sorte de dentelle : il en existe déjà tellement. Je ne pense pas être cette personne-là. Quant à écrire un livre sur une technique ou une autre, il me semble qu'il y a de nombreux artistes et artisans qui ont déjà écrit sur toutes celles que j'utilise et je n'ai rien à apporter de neuf dans ce domaine.

 

HC: En terminant ce supplément de questions à la lueur de vos 15 premières réponses, j'aimerais vous demander ce que vous diriez à un jeune qui débute dans les arts et qui se préoccupe de savoir s'il gagnera bien sa vie en tant qu'artiste. Quel conseil, lui donneriez-vous à la lumière de votre expérience personnelle? L'encourageriez-vous ?

 

EB: Il me semble que je ne peux donner aucune indication à un artiste débutant en ce qui concerne l'aspect lucratif ou non d'une activité artistique: je n'ai pas encore vendu ! Par contre, j'encouragerais les personnes qui ont un rêve, quel qu'il soit d'ailleurs, pas seulement dans le domaine des arts: on a qu'une vie, il ne faut pas la gâcher en ne faisant pas ce pourquoi on est fait.

Voici les articles de presse  dont j’ai fait l’objet

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