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de livres : Les
techniques de la dorure à la feuille
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HISTOIRE
DE LA DORURE A LA FEUILLE
L'
or , un métal précieux
entre tous
Les Egyptiens considéraient ce métal précieux comme étant la chair de Amon-Rê, le dieu démiurge. Les grandes quantités d'or qu'ils pouvaient collecter leur permettaient de l'utiliser pour dorer toutes sortes d'objets comme en témoignent les musées où sont exposés leurs oeuvres magnifiques : bijoux amulettes, statues et statuettes... Quant aux civilisations de Mésopotamie, et aux Sumériens en particulier, l'exploitation de l'or fut l'expression d'un art parfaitement maîtrisé. Le filigrane et la granulation, la gravure et le repoussé... permirent de réaliser des objets merveilleusement travaillés. D'autres peuples antiques étaient également envoutés par l'attrait de l'or. Pour les Perses, il s'agissait de la semence des Dieux tandis que les Incas le considéraient comme étant la sueur du soleil. Les Hindous considéraient que Brahma était né d'un oeuf d'or et ils aspiraient à se fondre avec lui. Les sages hindous considéraient que l'or était la "lumière minérale". Les Grecs faisaient grand usage de l'or qui était présent en quantité dans cette région du monde. De nombreuses histoires narrent les excès que ce métal suscita telle la légende du roi Phrygien Midas qui demanda à Dionysos le pouvoir de transformer en or tout ce qu'il toucherait. Son voeu exaucé lui fit comprendre à quel point il avait manqué de sagesse car il ne pouvait plus se nourrir. Heureusement, le dieu accepta d'annuler ce voeu si peu réfléchi. Midas alla se baigner dans le Pactole sur les conseils de Dionysos et fut débarassé de cette malédiction. L'or provoqua bien des malheurs tant la convoitise qu'il inspirait était grande. Les Romains n'avaient pas la même approche mythique de l'or : pour eux, le métal précieux était synonyme de pouvoir et de domination matérielle. L'Italie étant très pauvre en or, les Romains furent amenés à le rechercher ailleurs, et plus particulièrement en Espagne, terre riche en or, argent et cuivre. Les peuples des trois grandes religions - judaïsme, christianisme et islamisme - se sont eux aussi intéressés à l'or. Dans le Coran, les élus reposent sur des lits faits d'or, tandis que les Hébreux ont une approche plus partagée faisant à la fois de ce métal précieux un symbole d'indignité ou de piété. Les Chrétiens en firent tout au contraire un usage sans restriction dans le but de rendre hommage à Dieu par la création d'objets liturgiques variés.
Il semblerait que cette technique de la dorure à la feuille remonte à environ 2300 avant Jésus-Christ. Des peintures égyptiennes présentent en effet des orfèvres battant l'or pour en faire des feuilles.
Dés 1700 avant Jésus-Christ, on avait découvert une façon de battre l'or permettant d'obtenir des feuilles très fines, capables d'adhérer à une surface lisse. Les phéniciens, les chinois et les égyptiens recoururent à cette méthode. Les byzantins se servirent beaucoup de la dorure à la feuille pour les icônes et les mosaïques. Au Moyen-Age, la dorure à la feuille servit à la décoration des enluminures. L'époque baroque fut également très friande de feuilles d'or. Pendant ce processus, il est nécessaire de faire disparaître à intervalles réguliers les traces d'humidité par le passage d'un fer chaud. L'or est saupoudré de talc avec une patte de lapin afin que la feuille n'adhère pas à la peau de mouton. Cette technique n'a guère changé à notre époque. Il existe deux procédés différents pour recouvrir une surface de feuilles d'or, la dorure à l'eau et la dorure à l'huile. Cenino Cennini fait état de ces techniques en 1437 dans son "libro dell'arte". Deux siècles plus tard, c'est le "traité de laquage et de vernissage" de Stalker et Parker qui en fait mention. Au XVIIème siècle, seuls les membres de la corporation des peintres doreurs ont le privilège d'appliquer les feuilles d'or sur les meubles. Le goût pour le mobilier doré perdit de sa faveur après le Premier Empire jusqu'au milieu du XIXème siècle où il revient en force. De nos jours, même si ces techniques perdurent plus ou moins, il existe d'autres méthodes, apparentées à celles-ci mais plus simples à mettre en oeuvre. Aujourd'hui, on parvient à produire des feuilles d'or d'environ un micron d'épaisseur. Pour l'obtenir, il faut placer un ruban de métal entre des couches de peau de mouton ou d'intestins de boeuf. Des dalles de pierres et des marteaux spéciaux sont utilisés afin d'absorber les chocs transmis aux batteurs d'or et aux bâtiments. Les outils du doreur n'ont pas varié au cours des siècles : la palette à dorer permet de soulever la feuille et de la déposer sur la surface, la pierre d'agate permet de réaliser le polissage. |
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