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Le pèlerinage n'est pas une invention chrétienne, il existait déjà dans les cultures
antiques. Cependant, le Christianisme va donner un nouveau souffle au pèlerinage
en le transfigurant. Perdant son caractère obligatoire et stéréotypé, il devient
pour le pèlerin un moyen de renouer avec les lieux où vécurent le Christ et ses imitateurs.
Le tombeau du Christ fut visité et vénéré par des pèlerins dés le 4ème siècle. Le
"Burdigalien" fut le premier ouvrage consacré à l'information des pèlerins concernant
leur trajet de Bordeaux jusqu'à Jérusalem. Il constitue l'ancêtre des guides de pèlerinage. Ces
derniers, plus complets, donneront aux voyageurs des renseignements et conseils de
toutes sortes, du choix des haltes à faire en passant par les us et coutumes des
lieux traversés ainsi que des anecdotes plus ou moins véridiques voire folkloriques.
Le culte des saints étaient très populaires et chaque cité ou presque avait "son"
martyr dont les reliques étaient vénérés par tous. Il existait alors un véritable
marché des reliques, tant elles étaient convoitées par les pèlerins. Les corps des
saints étaient découpés en morceaux et répartis sur plusieurs communautés, puis le
plus souvent, enfermés dans des châsses qui pouvaient prendre la forme de la partie
du corps conservé.
Les falsifications étaient telles que plusieurs sanctuaires possédaient la même relique
sans que personne ne s'en offusque et les pèlerins la vénéraient avec autant de conviction
en plusieurs endroits différents.

Il semblerait que le motif le plus fréquent du pèlerinage soit l'espérance de retrouver
une bonne santé pour soi ou pour les siens. Le besoin de faire pénitence fut très
fort également.
Les pèlerinages les plus estimés étaient Jérusalem (le pèlerin était appelé Paulmier
ou pèlerin de Terre Sainte), puis Rome (le pèlerin était dénommé Romée ou Romieux),
et enfin St Jacques de Compostelle (le pèlerin s'appelait alors Jacquot, Jacquet
ou Jacquaire). Mais ces voyages n'étaient pas une mince affaire, tant sur le plan
financier que pour les périls encourus. Nombre de pèlerins n'allaient pas si loin.

Le pèlerinage pouvait être le fait d'un pèlerin solitaire mais les groupes étaient
plus fréquents car il était plus facile de se défendre des attaques de brigands et
d'éviter une solitude morale trop pesante. Le pèlerinage devait, en principe, se
faire à pied même si les plus riches voyageaient à cheval ou à dos de mule.
Les itinéraires étaient jalonnés de repères routiers tels que les Montjoies (balisant
les endroits dangereux ou points de vues permettant de découvrir une ville de pèlerinage)
ainsi que des calvaires, des chapelles ou autres oratoires qui constituaient des
haltes propres à la prière et au repos. Les hospices routiers, situés sur les grands
axes, étaient destinés à accueillir les pèlerins pauvres (ou tout autre voyageur
désargenté) afin de leur dispenser gratuitement les soins, la nourriture et le réconfort
dont ils avaient besoin.
Si les gens qui côtoyaient des pèlerins avaient pour devoir de les aider, ces derniers
avaient aussi des obligations telles que celle de prier dans chaque église et chapelle
et égrainer un chapelet à gros grains durant le voyage. Le pèlerin arrivant à Saint
Jacques de Compostelle devait en plus planter une croix symbolique au sommet du Port
de Cize, se purifier par un bain rituel et apporter une pierre en offrande.
Le pèlerinage était donc une grande aventure, pleine de surprises, bonnes ou mauvaises, et
d'émotions intenses pour qui l'entreprenait.
Gravure représentant un pèlerin
Gourde commémorative du 18ème siècle. Les pélerins en avaient de plus simples !
L'arrivée du pèlerin, l’une de mes créations