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Gravure représentant un pèlerin
Le pèlerinage n'est pas une invention chrétienne, il existait déjà dans les cultures antiques. Cependant, le Christianisme va donner un nouveau souffle au pèlerinage en le transfigurant. Perdant son caractère obligatoire et stéréotypé, il devient pour le pèlerin un moyen de renouer avec les lieux où vécurent le Christ et ses imitateurs.

Gourde commémorative du 18ème siècle. Les pèlerins en avaient de plus simples !
Les itinéraires étaient jalonnés de repères routiers tels que les Montjoies (balisant les endroits dangereux ou points de vues permettant de découvrir une ville de pèlerinage) ainsi que des calvaires, des chapelles ou autres oratoires qui constituaient des haltes propres à la prière et au repos. Les hospices routiers, situés sur les grands axes, étaient destinés à accueillir les pèlerins pauvres (ou tout autre voyageur désargenté) afin de leur dispenser gratuitement les soins, la nourriture et le réconfort dont ils avaient besoin. Si les gens qui côtoyaient des pèlerins avaient pour devoir de les aider, ces derniers avaient aussi des obligations telles que celle de prier dans chaque église et chapelle et égrainer un chapelet à gros grains durant le voyage. Le pèlerin arrivant à Saint Jacques de Compostelle devait en plus planter une croix symbolique au sommet du Port de Cize, se purifier par un bain rituel et apporter une pierre en offrande. Le pèlerinage était donc une grande aventure, pleine de surprises, bonnes ou mauvaises, et d'émotions intenses pour qui l'entreprenait.
Bourdon de pèlerin
Le tombeau du Christ fut visité et vénéré par des pèlerins dés le 4ème siècle. Le "Burdigalien" fut le premier ouvrage consacré à l'information des pèlerins concernant leur trajet de Bordeaux jusqu'à Jérusalem. Il constitue l'ancêtre des guides de pèlerinage. Ces derniers, plus complets, donneront aux voyageurs des renseignements et conseils de toutes sortes, du choix des haltes à faire en passant par les us et coutumes des lieux traversés ainsi que des anecdotes plus ou moins véridiques voire folkloriques. Le culte des saints étaient très populaires et chaque cité ou presque avait "son" martyr dont les reliques étaient vénérés par tous. Il existait alors un véritable marché des reliques, tant elles étaient convoitées par les pèlerins. Les corps des saints étaient découpés en morceaux et répartis sur plusieurs communautés, puis le plus souvent, enfermés dans des châsses qui pouvaient prendre la forme de la partie du corps conservé. Les falsifications étaient telles que plusieurs sanctuaires possédaient la même relique sans que personne ne s'en offusque et les pèlerins la vénéraient avec autant de conviction en plusieurs endroits différents.
Il semblerait que le motif le plus fréquent du pèlerinage soit l'espérance de retrouver une bonne santé pour soi ou pour les siens. Le besoin de faire pénitence fut très fort également. Les pèlerinages les plus estimés étaient Jérusalem (le pèlerin était appelé Paulmier ou pèlerin de Terre Sainte), puis Rome (le pèlerin était dénommé Romée ou Romieux), et enfin St Jacques de Compostelle (le pèlerin s'appelait alors Jacquot, Jacquet ou Jacquaire). Mais ces voyages n'étaient pas une mince affaire, tant sur le plan financier que pour les périls encourus. Nombre de pèlerins n'allaient pas si loin.
Le pèlerinage pouvait être le fait d'un pèlerin solitaire mais les groupes étaient plus fréquents car il était plus facile de se défendre des attaques de brigands et d'éviter une solitude morale trop pesante.
Le pèlerinage devait, en principe, se faire à pied même si les plus riches voyageaient à cheval ou à dos de mule.

Les pèlerins durant la période médiévale

Vitrail de la cathédrale de Canterbury
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